20 décembre 2005

Venezuela-Antilles






SEMAINE 49-50

La partie difficile de la remontée vers l’arc Antillais commence à Puerto La Cruz que nous quittons le 6 décembre.
Les Alizés ne sont pas encore bien établis et nous devons choisir le meilleur moment pour partir c’est à dire lorsqu’ils sont le moins fort. Nous faisons une première étape à Porlamar. La houle engendrée par le cyclone Epsilon arrive jusqu’au Venezuela et nous attendons une semaine que la mer se calme.
Chaque matin à 9h nous écoutons la radio BLU et avons des nouvelles des voiliers qui nous précèdent et des conditions météo rencontrées.

Nous quittons Marguarita par belle mer et nous décidons de filer directement sur la Martinique sans nous arrêter aux Testigos. Après avoir laissé les Testigos sur tribord, nous retrouvons une mer très croisée et un courant contre. Nous avançons avec difficulté. Les trois voiliers qui nous devançaient se sont arrêtés à Testigos pour se reposer. Ils reprennent la mer lorsque nous croisons au large et nous nous retrouvons ensemble. Nous décidons de faire route sur Grenade car la mer est démontée.
Ayant eu plus de chance nous arrivons avant la nuit à St Georges de grenade suivi de « Gulliver », Roumba », « birdie » et « Atalante » qui arrivent vers minuit.
Certains ont des rendez vous en Martinique, et c’est la course pour y arriver. Nous avons la chance de ne pas être trop pressés. Nous prenons à la traîne un colas jaune, poisson excellent.
De Grenade, en partant au lever du jour nous trouvons un mouillage à la tombée de la nuit à Union, puis Saint Vincent. Nous péchons un thazard de 1,20m qui fait des heureux au mouillage de Château Bel Air, nous en échangeons aussi avec les pécheurs contre des noix de cocos qui abondent sur le rivage.
Nous nous arrêtons à Ste Lucie pour le marché du samedi à Castries très colorés et bon marché comparé aux prix de la Martinique. Tous les bateaux de l’ARC pavoisent dans la marina de Rodney Bay et nous retrouvons « Wako » avec qui nous avons navigué l’an dernier. Cette magnifique baie de Ste Lucie a son revers de médaille. Chaque soir les hôtels nous envoient une musique fracassante et j’ai du mal a trouver un créneau pour leur faire goûter à l’accordéon.
Nous n’avons pas eu le plaisir de revoir « Velvet » nos amis Hollandais, qui ont eu de nombreux déboires avec leur bateau. Leur mat a traversé le pont et lorsqu’ils ont remis le bateau à l’eau après 3 mois de réparation à terre , ils ont reçu la foudre qui a grillé tous les appareils électriques. Ils sont donc encore à Trinidad.

Dimanche 18 décembre, une dernière traversée de 4 heures au près nous amène directement devant Sainte Anne à l’entrée de la baie du Marin en Martinique.

Demain, on ne rigole plus avec la réglementation : nous devons faire vérifier la survie, les fusées etc.…

Lundi au mouillage, nous retrouvons « Framic » nos voisins de Kerroch et « Xango » de St Malo, puis tous les autres…. On se rencontre à la laverie, ou au cyber et les courses ne sont jamais très rapides. Pour la survie, ce n’est que partie remise, il manque toujours quelque chose. On verra à Saint Martin !
Pour l’heure, nous sommes contents des bonnes nouvelles reçues de France grâce à l’ADSL.

05 décembre 2005

LES ANDES et LA SIERRA NEVADA








SEMAINE 47-48
LES ANDES VENEZUELIENNES

Nous quittons Puerto la Cruz pour Mérida en bus..
Les bus « long trajets » ont des sièges couchettes confortables mais sont souvent glacials car l’air conditionné est mal ou pas réglé. J’ai prévu une couverture et comme nous allons dans les montagnes nous avons nos anoraks et nos chaussures de marches.
A quatre heures du matin nous sommes réveillés par une odeur de brûlé. Notre chauffeur se gare et nous sommes largué avec nos bagages sur le bord de la chaussée.
Apparemment nous devons nous débrouiller pour trouver un autre véhicule. Cela nous paraît incroyable, pourtant, nous n’attendrons pas un quart d’heure. Un autre bus s’arrête et prend en charge autant de passagers qu’il a de place disponibles. Vers 6 heures nous essayons de repérer où nous sommes. Ce bus va bien à Mérida mais par un autre chemin. Nous regardons la carte et décidons de descendre à Ejido juste avant Mérida. Nous avons repéré un petit village perdu dans la montagne et c’est là que nous irons.
Nous prenons un solide petit déjeuner à la boulangerie de Ejido et nous nous informons sur les possibilités d’aller à El Morro.
Deux « busseta » plus loin nous nous retrouvons à l’embranchement qui va au village, il reste une heure de route de montagne à faire. Nous sommes pris en stop par un agriculteur qui vient de livrer ses légumes et sautons sur le plateau de sa Toyota avec nos sacs à dos. En chemin d’autres personnes sont prises en charges et on fait connaissance en se cramponnant pour rester en place.
Dans chaque village du Venezuela, le centre d’intérêts est la plazza Bolivar avec son l’église. Il est facile à partir de là d’avoir des renseignements pour trouver un hébergement, ce que nous faisons sans peine, nous sommes les seuls touristes. Ce jour là il y a affluence sur la place. Nous apprenons que le président Chavez fait une distributions de vivres à toute la population. Les élections partielles ont lieu dans une semaine…
Les gens viennent de toutes les fermes des environs en bottes et chapeaux de paille et s’arriment sur le dos le chargement qui fait bien 10 kg. C’est un peu jour de fête.
El Morro est un joli village aux maisons basses et colorées d’ocre de bleu ou de vert. Tout est propre et calme Cela nous change de la pollution automobile des villes , de leur crasse et de leur bruit.
Notre « posada » surplombe la vallée, notre hôtesse nous propose à déjeuner l’éternel « pollo con arroz » et nous gâte d’un dessert au sucre roux et carré de fromage. Bof…
Quel plaisir de se balader sur les chemins autour du village. Les jeunes se poussent pour nous dire 3 mots et quand ils s’aperçoivent qu’on peut se comprendre deviennent très bavards. Nous dormons au calme et sous deux couvertures. Nous sommes à 2500 m d’altitude.
Le lendemain nous partons pour Mérida avec une autre Toyota, cette fois nous faisons le chemin dans l’habitacle tandis que le plateau est pris d’assaut par les gens du village.
Mérida est un grande ville, c’est de là que part le téléphérique le plus haut et le plus long du monde. C’est aussi une ville très bruyante avec des embouteillage monstres qui donne plutôt envie de fuir.
Tôt le matin, nous prenons le téléphérique pour rejoindre le chemin muletier qui mène à Los Nevados. Nous avions essayé d’y aller à partir de El Morro mais les pluies ont endommagées le chemin et les jeeps ne passent plus.
Nous mettons une heure pour atteindre le Pico Espejo à 4765 m en changeant 4 fois de cabine. Nous sommes surpris par le froid mais les sommets de 5000 m n’ont pratiquement pas de neige. Nous redescendons à Loma Redonda, la station qui se trouve à 4045 m et ou nous pouvons louer des mules ou marcher à pied jusqu’à Los Nevados. Nous choisissons de marcher mais nous prenons une mule pour y mettre nos sacs.
Les grimpettes et les descentes se succèdent dans ce paysage magnifique de montagnes semé de lacs et de cascades. Les fleurs poussent à profusion, le chemin dallé existe depuis des lustres et est entretenu par les muletiers. 4 heures plus tard , c’est moi qui suit sur la mule tandis qu’Elie a repris son sac et marche avec de plus en plus de difficulté. A l’arrivée ses ongles de doigts de pieds sont bleus
Nous trouvons sans problème une posada accueillante et nous nous reposons jusqu’à l’arrivée d’une troupe bruyante, ce sont des français en voyage organisé. Ils ont fait le chemin sur les mules et ne sont pas en meilleur état que nous. Los Nevados a sa plazza Bolivar et son église, c’est là que nous observons la vie du village et que nous aurons des informons pour continuer notre périple. Nous devons trouver une jeep pour redescendre à Mérida.

Nous dînons avec le groupe d’1 l’éternel poulet au riz, et nous sentons de leur part une certaine contestation au sujet de la nourriture.
A deux nous n’avons pas de difficultés pour trouver de moyen de transport. La jeep est vraiment déglinguée mais son moteur tourne rond. Nous mettons 5h1/2 pour arriver à Mérida par l’unique route de sable en très mauvais état. A plusieurs reprises nous devons descendre et aller à pied. La pente est assez effrayante. A mi chemin nous trouvons un « cafetin » ou l’on peut boire une délicieuse Tizana (boisson avec des morceaux de fruits) et manger un beignet au fromage.
Nous n’avons pas l’intention de rester à Mérida et nous nous faisons déposer à la gare routière ou nous prenons un bus 10 mn plus tard pour Mucuchies.
Nous nous ferons ainsi déposer de village en village, y restant quelques heures ou une journée selon l’envie. Mucuchies, Timotes, Jajo, Valera…. On nous déconseille de nous arrêter à Trujillo ou un étudiant a été tué la veille. A Valera nous devons prendre un taxi pour éviter le centre ville où la manifestation se durcit. Nous prenons un bus pour Bocono, en route nous nous faisons arrêter à San Miguel dont l’église avec ses peintures du XVI siècle vaut le détour.

Nous passons ainsi une semaine à parcourir cette région des Andes, étonnant jardin potager et fruitier du Venezuela ou l’air est vif et les habitants très avenants. Nous faisons le plein d’air pur avant de retrouver la pollution de Puerto la Cruz.


PUERTO LA CRUZ






SEMAINE 46
PUERTO LA CRUZ

Nous restons à la marina PMO dans l’espoir de repartir pour Mérida dès que nous sommes prêts.
Je mets à profit mon repos forcé pour lire et réapprendre la grammaire anglaise. Nous avons comme voisin de ponton une charmante Canadienne Américaine qui veut bien me répéter les textes de mon livre. Avec application elle avale les mots qui roulent dans sa bouche jusqu’au fond de sa fond de sa gorge. Son exploit me laisse sans voix.
La marina jouxte « Puerto Viejo » une marina spécialisée dans le bateau de grande vitesse. Les fins de semaine sont très bruyantes avec le défilé de ces monstres à double moteurs hors bords de 250CV qui passent, musique à fond.

03 décembre 2005

Voyage a terre CANAIMA ET SALTO ANGEL







CANAIMA-SALTO ANGEL

Le lendemain nous reprenons le Por Puesto (taxi collectif) pour Ciudad Guyayana, traversons l’Orénoque en bac et prenons un deuxième bus jusqu’à Ciudad Bolivar.
Cette ancienne ville coloniale est assez jolie dans son quartier ancien autour de la cathédrale. Nous en profitons pour faire ressemeler les chaussures de marche de Elie et prospecter pour l’hôtel qu’il nous faudra au retour. Seul l’hôtel Colonial paraît avenant mais le quartier qui borde l’Orénoque est vraiment bruyant…
Nous sommes venu ici pour voir la plus haute chute du monde le Salto Angel 1005m. et la région de la Gran Sabana qui renferme les Tepuys monts caractéristiques aux parois abruptes et aux sommets plats ainsi que d’innombrables cascades.
C’est un endroit très couru et nous nous trouvons dans un flot de touristes américains venu droit de notre marina et ayant payé un maximum en « packages » organisé.
Les américains n’aiment pas du tout être seuls surtout dans un pays comme le Venezuela et se demandent comment on peut voyager comme nous en bus !
Nous prenons un petit avion jusqu’à la lagune de Canaima ou habitent les indiens Pemons et embarquons en pirogues de bois pour une ballade sur la lagune et la visite de plusieurs chutes, puis remontons la rivière Caroni, torrent large par endroit. Les pirogues filent entre les roches. Nous bifurquons ensuite sur le fleuve Kurun, et arrivons trempés au campement. De là nous marchons 45mn pour arriver au bas du Salto Angel. C’est grandiose. La forêt déborde de fleurs et d’orchidés. Retour moins agréable au camp sous une pluie diluvienne.
Le campement est situé juste devant le Salto Angel et comme il manque une moustiquaire et je suis la seule disposée à m’en passer. Je peux voir la chute changer de couleur avec le lever du jour.
Nous n’avons pratiquement pas eu de moustiques pendant notre voyage et d’après les habitants la partie nord du Delta n’est pas infestée par la malaria mais il vaut mieux choisir sa saison.
Au retour nous préférons revenir à l’ hôtel « La Casita » tenu par des Allemands.
Les petites huttes avec douches, wc, ventilateur sont très propres. Elie est fiévreux et file se coucher, moi, je profites de la piscine et je nage pour faire disparaître mon mal de dos persistant. De nombreux voyageurs se retrouvent là avant ou après leurs expéditions et chacun fait des efforts pour communiquer dans toutes les langues.
Nous devions repartir pour les Andes Venezueliennes mais nos états respectifs nous font choisir un retour au bateau pour retrouver la forme.
Nous prenons notre bus de retour de Ciudad Bolivar à Puerto la Cruz où nous arrivons au bout de 4h1/2.
Qu’il est doux de se retrouver chez soi !

Voyage a terre Delta de l'Orenoque






LE DELTA DE L'ORENOQUE

SEMAINE 44-45
Nous traversons la lagune pour nous installer dans une autre marinas car nous envisageons de partir faire un voyage à terre. Nous avons retenu une place au ponton chez PMO, qui est mieux gardé lorsqu’on y abandonne le bateau.
Le 4 novembre nous prenons le car pour Tucupita ville située dans le Delta de l’Orénoque. Le voyage dure 9 heures agrémentées d’arrêts qui permettent de se restaurer et de se dégourdir les jambes tout en gardant un œil sur sa place.
Personne ne nous attend au terminal. Nous réussissons à contacter l’agence qui organise notre expédition, la famille est sous le choc d’un deuil. Néanmoins, nous ne sommes pas abandonnés, on nous indique un hôtel tout à fait convenable le « Residencial » et avons le temps de faire un tour en ville avant la nuit.
Le lendemain, préparation du convoie. Nous partons avec un piroguier, un guide, un cuisinier (ils sont frères) un indien qui connaît chaque bras du fleuve, de la nourriture pour 4 jours, des hamacs avec moustiquaires et un fut d’essence.
Une jeep nous conduit à La Horqueta point d’embarquement sur le fleuve.
L’Orenoque est un fleuve aux eaux boueuses et au débit rapide de 2140 km. Quelques 2000 rivières viennent alimenter son cours et un seul pont le traverse à Ciudad Bolivar.
Le moteur enduro Yamaha de 75cv nous emmène à vive allure. La pirogue est en acier longue d’une dizaine de mètres c’est une pirogue de transport. Nous sommes assis sur des planches très inconfortables. Cette région du Delta est habitée par les indiens Warao. Les habitations en rondins de bois couvertes de feuilles de palmiers sont disséminées sur le bord du fleuve et sur pilotis. Les hommes pèchent et chassent les femmes s’occupent de leurs nombreux enfants dont beaucoup meurent avant trois ans.
Nous passerons 4 jours de village en village dormant dans les mènes cabanes. En revanche nos piroguiers avaient prévu une nourriture abondante et à chaque arrêt nous pouvions nourrir quelques autochtones ravis de l’aubaine.
En route nous prenions de temps en temps un passager qui reviendra avec une autre pirogue… Quand ??
Ici le temps ne compte plus et les gens semblent très passifs.. A cinq ans les enfants jouent dans leurs pirogues de bois, se déplacent et vont pécher et savent apparemment nager très tôt. Le fleuve est leur terrain de jeux.
Nous apprenons à faire du feu en frottant des morceaux de bois , nous allons cueillir des palmitos pour goûter le cœur de palmier, nous observons les singes, les aras et quantités de perroquets, de crocodiles. Les superbes papillons passent au ras de notre embarcation. Nous n’avons pas réussi à pécher malgré plusieurs tentatives et nous nous sommes baignés dans les eaux très noires de l’Orénoque malgré la présence des piranhas. Pour les douches nous étions trempés tous les après midi pendant au moins 2 heures et nous avions surtout besoins de sécher avant d’entrer dans le hamac.
Retour à Tucupita et nuit au même hôtel avec air conditionné. Nous sommes allés voir dans d’autres hôtels mais leur crasse nous a rebutée.

Vacances studieuses a Puerto la Cruz






SEMAINE 41-42

PUERTO LA CRUZ

Nous amarrons Fidelio au quai Americo Vespuccio ombragé par les palmiers, bananiers, lauriers en fleurs et retrouvons de nombreux français rencontrés l’année dernière. Les soirées accordéon « Ti Punch » se succèdent…Chacun raconte ses exploits.
Nous profitons de la proximité de Puerto la Cruz pour faire quelques achats. Nos bidons d’eau n’ont pas résistés à la chaleur et nous rachetons des bidons pour le fuel. Les courses au mercado municipal sont toujours une fête qui commence avec la traversée du canal en lanchita et se poursuit avec les multiples vendeurs de jus de fruits ou de beignets au mais.
Près du marché se tient la gare routière et nous y prenons nos billets de bus pour Tucupita en prévision de notre expédition dans le Delta de l’Orénoquel, début de notre périple à terre.
Elie continue l’entretien du bateau dans de bonnes conditions. C’est la seule marina qui autorisent les bricoleurs et c’est la seule qui soit si agréable car bordée de fleurs. Ici les moteurs s’étalent, les vernis se refont les conseils vont bon train, chacun se raconte et organise la suite du voyage en fonction des amitiés rencontrée